Ce programme de recherche s’inscrit dans le cadre d’un projet International Research Network et a débuté le 1 février 2026 pour une durée de 5 ans.
Il est coordonné par Ioana Cîrstocea, directrice de recherche au CNRS (Section 43), membre titulaire du CESSP, Paris, en détachement au CEFRES (Prague) depuis le 1er septembre 2023.
Résumé
L’équipe du projet ProCoMF réunit 23 chercheur.e.s provenant d’institutions basées dans de 5 pays (France, Autriche, États-Unis, Italie, Suède), ayant des orientations disciplinaires variées (science politique, sociologie, histoire et études sur le genre) et des statut divers (allant de professeur.e.s et directrices de recherche aux doctorantes). Elle a été constituée pour stabiliser un dialogue scientifique noué à partir de 2019 (journée d’études internationale) et déjà concrétisé par la publication d’un dossier thématique de revue (2023). Le principal objectif et l’axe structurant du travail collectif, c’est l’étude systématique des profils sociaux, carrières professionnelles et militantes, ressources pratiques et symboliques, stratégies et alliances politiques des participantes aux quatre conférences mondiales sur les femmes organisées par les Nations unies de 1975 à 1995, dont est issu le répertoire international du « gender mainstreaming » et des « droits humains des femmes ». Le projet est parti du double constat de la rareté des recherches sociographiques sur cette population d’« entrepreneures de normes », d’une part, et du cloisonnement à la fois régional et disciplinaire des productions scientifiques ayant déjà abordé la thématique des conférences onusiennes. Les compétences des membres de l’équipe sont complémentaires, d’où un programme de recherche qui croise des sources très diversifiées en plusieurs langues et éclaire une multitude d’acteurs dotés de perspectives géopolitiques concurrentes voire divergentes. L’équipe se réunira à l’occasion de workshops (1 par année du projet) et de séminaires de recherche (4 séances par année du projet) et elle va rassembler les portraits et trajectoires des individus les plus visibles dans les documents accessibles. Mise à la disposition de la communauté scientifique sous un format digital, la collection prosopographique ainsi réalisée pourra être mobilisée pour de futures recherches et des enseignements dans des disciplines aussi diverses que l’histoire des femmes, des féminismes et du genre, la sociologie des mouvements sociaux transnationaux et l’étude des relations internationales, autour de thématiques comme la Guerre froide et la sortie de Guerre froide, la coopération au développement, le processus de construction européenne, le fonctionnement des institutions multilatérales et la sociogenèse de l’expertise des organisations internationales.
Pays concerné : France, Autriche, États-Unis, Italie, République Tchèque, Suède
Description
Partenaires
Partenaires français
Nom du coordinateur : Ioana Cîrstocea, directrice de recherche au CNRS (Section 43)
Centre français de recherche en sciences sociales (CEFRES, UMIFRE 13, UAR 3138, CNRS-MEAE, Na Florenci 3, CZ-110 00 Prague 1, République Tchèque) – détachement du 1er septembre 2023 au 31 août 2026.
Institut CNRS : INSHS
Autres
- CESSP, Centre européen de sociologie et de science politique de la Sorbonne, UMR 8209. La coordonnatrice de l’équipe en est membre titulaire depuis 2015 et y reviendra à la fin de son détachement international en cours. Trois doctorantes sous sa direction, également membres de ce laboratoire, vont participer aux travaux de l’équipe ProCoMF.
- Sorbonne – Identités, relations internationales et civilisations de l’Europe (SIRICE, UMR 8138, Paris) (partenaire du consortium, chaire de Professeur Junior « Société civile, institutions et coopérations européennes (XIXe-XXIe siècles) » coordonnée par Peter Hallama)
- CESAH, Centre d’Études Sud-Asiatiques et Himalayennes, UMR 8077, CNRS-EHESS (une chargée de recherche membre du laboratoire est associée à l’équipe à titre individuel)
- LAM, « Les Afriques dans le Monde », UMR 5115, CNRS-Sciences Po Bordeaux (une chargée de recherche membre du laboratoire participera occasionnellement aux travaux de l’équipe)
- IMAF, « Institut des Mondes africains », UMR 8171 CNRS, UMR 242 IRD (une directrice d’études et une maîtresse de conférences membres du laboratoire participeront occasionnellement aux travaux de l’équipe)
Partenaires étrangers
- Pays concerné no. 1 : Autriche
Nom du coordinateur : Francisca de Haan
Organisme et laboratoire de rattachement du coordinateur : Department of Gender Studies, Central European University, Vienne.
Autres organismes et laboratoires : cette collègue est aussi membre comme chercheure associée (fellow) de l’Institut international d’histoire sociale, Amsterdam, Pays-Bas.
- Pays concerné no 2 : États-Unis
Nom du coordinateur : Jocelyn Olcott
Organisme et laboratoire de rattachement du coordinateur : Duke University, Trinity College of Arts and Sciences.
- Pays concerné no 3 : Italie
Nom du coordinateur : Chiara Bonfiglioli
Organisme et laboratoire de rattachement du coordinateur : Université Ca’Foscari Venise, Dipartimento di Studi Umanistici.
- Pays concerné no 4 : Suède
Nom du coordinateur : Yulia Gradskova
Organisme et laboratoire de rattachement du coordinateur : Center for Baltic and East-European Studies, Södertörn University.
Domaines scientifiques concernés par cette coopération
Histoire et sociologie des mobilisations politiques transnationales, relations internationales, histoire contemporaine (fin de la Guerre froide, décennie 1990), études sur le genre et les féministes
Programme scientifique concis
Dans le contexte géopolitique de l’après 1945, marqué par la décolonisation et la Guerre froide, voire par de nombreux affrontements « Est »-« Ouest » et « Nord »-« Sud », la politisation des inégalités de genre a fait l’objet de mobilisations conflictuelles. Longtemps marginalisée par une historiographie privilégiant les acquis des quatre conférences mondiales sur les femmes organisées par les Nations unies de 1975 à 1995, la concurrence des projets internationalistes autour de la politisation des inégalités de genre et des droits des femmes a refait surface au gré de recherches récentes, pour partie entreprises par les membres mêmes de la présente équipe. Le projet ProCoMF s’inscrit dans leur sillage et prolonge une coopération démarrée en 2019 par une journée d’étude qui a donné lieu à la publication d’un numéro thématique de revue en 2023. Son objectif principal, c’est d’étudier les profils et les carrières des participantes aux rassemblements onusiens qui ont fondé les normes contemporaines se réclamant du « gender mainstreaming » et des « droits humains des femmes ».
Fédérant des perspectives de recherche et des littératures provenant de plusieurs disciplines (sociologie des mobilisations et des circulations internationales, histoire des femmes, des féminismes et du genre, études sur la Guerre froide et les organismes multilatéraux), ainsi que des archives, des terrains d’enquête, des compétences linguistiques, des expériences de recherche dans des cadres académiques divers, le réseau ProCoMF conduira notamment un travail de facture prosopographique et sociographique. Il s’agit ainsi de dépasser tant les clivages historiographiques que les points aveugles de la production scientifique existante au sujet des quatre conférences mondiales sur les femmes. Mettant en perspective des vies et des carrières de participantes aux événements des années 1975-1995, des dynamiques politiques du « Nord » et du « Sud », de l’« Est » et de l’« Ouest » seront croisées pour dépasser les savoirs actuellement segmentés sur les mécanismes de la globalisation des politiques d’égalité des sexes.
Le réseau analysera les conditions sociales de possibilité et les modalités de la construction des alliances transnationales portant un objectif féministe affiché comme universel dans un contexte géopolitique clivé et mouvant au gré de nombreuses tensions internationales. Trois pistes enchevêtrées seront notamment explorées : les modalités d’internationalisation des actrices, les ressorts pratiques des mobilisations transnationales en contexte de Guerre froide, les différents agendas idéologiques promus dans les arènes multilatérales au titre de la défense des droits des femmes.
Complémentarité des équipes
Unique en son genre non seulement en France mais aussi au niveau international, l’équipe rassemblée autour du projet ProCoMF fédère des compétences disciplinaires, ainsi que des perspectives et expériences de recherche, des terrains, des archives en diverses langues. Elle aspire à dépasser les clivages qui ont dominé l’historiographie existante des quatre conférences onusiennes sur les femmes, pour conduire une analyse systématique des profils et des ressources des actrices qui y ont participé. Il s’agit de se donner ainsi les moyens de comprendre les conditions de possibilité et le fonctionnement des mécanismes d’universalisation et globalisation des agendas militants en contexte de Guerre froide tardive, ainsi que les relations de solidarité et concurrence qui ont permis à ces « architectes » des droits des femmes d’infléchir les normes bureaucratiques et d’introduire de nouvelles références dans le droit international.
Rappel du contexte de la coopération et des relations existantes
La collaboration au sein de ce réseau international de recherche a été lancée à l’occasion d’une journée d’études organisée par la coordinatrice du projet à l’EHESS (Paris) en juin 2019 et a été consolidée par la suite dans le cadre de la préparation et de la publication d’un numéro thématique de revue paru en 2023. Le projet ProCoMF rassemble des spécialistes qui, tout en travaillant sur des thématiques proches, se connaissant, s’étant rencontré.e.s à l’occasion de diverses manifestations et publications, ne se sont jamais tou.te.s réunies pour conduire un projet fédérateur de long terme. Le projet ProCoMF leur permet de corroborer leurs ressources au titre d’une étude multidimensionnelle de la construction sociale des répertoires internationaux des droits des femmes dans le cadre onusien via des mobilisations transnationales occasionnées par quatre conférences mondiales tenues de 1975 à 1995 et surdéterminées par un contexte géopolitique mouvant.
Résultats attendus du projet
Le projet débouchera sur une sociographie des actrices (militantes, bureaucrates, chercheures et expertes) mobilisées dans une perspective transnationale en contexte de Guerre froide et grâce à des ressources dispensées par des acteurs politiques en concurrence. Ce projet ambitionne à produire une analyse fine des mécanismes sociaux tout aussi bien que géopolitiques qui ont donné naissance à l’agenda du « gender mainstreaming » promu par les agences internationales depuis une trentaine d’années.
Avantages attendus de la collaboration pour le/les laboratoire(s) français
L’ancrage en France de ce projet qui n’a pas d’équivalent au niveau international permet de rassembler des perspectives de recherche jusqu’à présent disparates, de fédérer des enquêtes conduites depuis des perspectives régionales et nationales éclatées, de mettre ensemble des ressources documentaires plurilingues. Notre équipe constitue une plateforme de collaboration plurielle et efficace et elle offre un espace de visibilité pour une thématique jusqu’ici peu présente en contexte hexagonal et francophone. Le projet ProCoMF s’enracine dans plusieurs disciplines de recherche en sciences sociales auxquelles il apportera des contributions originales inédites. Il construira également des matériaux à vocation pédagogique pour alimenter des sous-champs de savoirs comme l’histoire et la sociologie des mobilisations pour les droits des femmes et l’égalité des sexes, la sociologie de la circulation transnationale des savoirs et de la production des normes internationales, les études sur le genre, l’histoire et la sociologie de la Guerre froide.
Evénements passés
2026
Le premier atelier du programme ProcoMF a eu lieu les 21 et 22 mai 2026 à Prague
