Le Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP) soutient le mouvement d’opposition à l’augmentation des frais d’inscription à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Depuis mi-décembre, un vaste mouvement des étudiant·es et des personnels de l’université a montré la forte opposition de la communauté universitaire à la fin de l’exonération partielle des frais d’inscription pour les étudiant·es hors UE, ainsi qu’à la fin de l’exonération des frais d’inscription pour les travailleurs et travailleuses de l’université. Répondre ainsi aux difficultés budgétaires de notre université, qui résultent du sous-financement chronique de l’enseignement supérieur et de la recherche, menace la réinscription de certain·es de nos étudiant·es et risque d’en empêcher d’autres de venir étudier en France, ce dont l’extrême droite n’a pas manqué de se réjouir. La fin de l’exonération des frais d’inscription pour les travailleurs et travailleuses de l’université s’ajoute à la dégradation des conditions de travail des personnels de l’université, notamment les plus précaires.
Les membres du CESSP réitèrent leur opposition à ces mesures, déjà exprimée par une motion du 26 novembre 2025, et se déclarent solidaires des revendications portées :
• Annulation de la hausse des frais d’inscription pour les étudiant·es extracommunautaires hors « Pays les Moins Avancés ».
• Exonération des frais d’inscription pour tous les travailleurs et travailleuses de l’université, doctorant·es contractuel·les ou non, attaché·es temporaires d’enseignement et de recherche.
• Annulation de la hausse des frais pour les diplômes universitaires.
Les membres du CESSP tiennent par ailleurs à manifester leur vive préoccupation face à la dégradation continue et structurelle des conditions de travail des chargé·es d’enseignement non titulaires.
Bien que la loi de programmation de la recherche adoptée en 2020 prévoie la mensualisation du paiement des enseignant·es vacataires, la mise en paiement des heures de vacation continue à se faire, à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne comme dans la plupart des universités, après constatation des services faits. Cette situation entretient une insécurité matérielle durable, incompatible avec l’exigence de continuité du service public d’enseignement supérieur.
Les membres du CESSP s’inquiètent également du recours privilégié au régime de la vacation pour les doctorant·es contractuel·les. Alors qu’ils et elles peuvent en principe bénéficier d’avenants à leur contrat pour leurs missions d’enseignement (DCE), ils et elles enseignent trop souvent sous le statut de vacataires, faute de signature d’avenants ou de conventions de reversement, notamment lorsqu’ils et elles enseignent dans un autre département ou relèvent d’un autre établissement d’enseignement supérieur et de recherche. Cette situation aboutit à une précarisation accrue des conditions de travail des plus précaires d’entre nous. Les enseignant·es vacataires voient en effet leurs droits sociaux (cotisations, chômage) minorés. Avoir enseigné sous le régime de la vacation, plutôt qu’en bénéficiant d’un contrat de travail en bonne et due forme, produit également des effets défavorables sur la construction des carrières et la reprise d’ancienneté au moment de la titularisation.
En outre, la charge de travail impliquée pour les enseignant·es-chercheur·es soucieux·ses d’offrir des conditions d’emploi conformes au droit existant vient s’ajouter à leurs tâches d’enseignement et de recherche ainsi qu’à leurs responsabilités administratives. Cette situation rejaillit sur les conditions de travail des membres de notre laboratoire, qui se trouvent saisis de ces questions sans disposer des leviers institutionnels permettant d’y remédier.
Dans ce contexte, les membres du CESSP appellent l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne à mettre en œuvre de manière systématique les dispositifs existants susceptibles d’améliorer les conditions d’emploi des chargé·es d’enseignement non titulaires. Ils renouvellent leur demande de création de postes de titulaires, indispensables au bon fonctionnement de l’université, à la qualité de ses formations et à la continuité du service public d’enseignement supérieur. Une telle orientation constitue une condition nécessaire pour enrayer durablement la précarisation structurelle des personnels enseignants de notre université et garantir la stabilité des équipes pédagogiques.





