Actuellement enseignante (lect. dr.) à la Faculté des Langues et Littératures étrangères (département français) à l’Université de Bucarest.
Lucia est chercheuse invitée au CESSP avec une bourse postdoctorale : « Bourse du Gouvernement Français – France Excellence Roumanie ».
Mes recherches concernent en général l’espace littéraire à l’époque communiste : j’ai fait une recherche approfondie sur l’Union des Ecrivains de Roumanie et sur ses stratégies de fonctionnement dans une période de contrainte politique, basée principalement sur les archives inédites de cette institution et sur des entretiens. Cette première recherche a mené à la soutenance, en 2005, d’une thèse de doctorat en sociologie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, sous la direction de Mme Anne-Marie Thiesse. Cette recherche a ouvert plusieurs pistes de réflexion. Tout d’abord, l’Union des Ecrivains a suivi un modèle institutionnel soviétique qui a été reproduit partout dans le « Bloc de l’Est ». J’ai voulu voir comment ce modèle a été transféré, en quelle mesure il a fonctionné dans les autres pays satellites tout au long de la période communiste avec ses inflexions chronologiques et en fonction des particularités historiques de chaque pays. J’ai fait dès lors une analyse comparée des Unions des Ecrivains qui s’est concrétisée dans la publication du livre L’Union des Ecrivains. Une institution littéraire transnationale à l’Est, Belin, Paris, 2007. J’ai également approfondi d’autres aspects dans de petites études et articles : l’Ecole de littérature et Critique littéraire « Mihai Eminescu » de Bucarest, le Cénacle littéraire roumain itinérant « Flacara » (étude basée notamment sur des entretiens avec les participants à cette manifestation), le rapport entre la vie privée et la sphère publique sous le communisme (à travers des journaux intimes des écrivains). J’ai aussi étudié l’ancêtre de l’Union des Ecrivains de Roumanie, la Société des Ecrivains Roumains ayant fonctionné dans l’entre deux-guerres.
Mes recherches récentes continuent un aspect important de la vie de l’Union des Ecrivains de Roumanie, à savoir ses relations avec les Unions des Ecrivains homologues du « Bloc de l’Est », tout comme les échanges des écrivains roumains avec les pays situés au-delà du « rideau de fer » dont notamment la France. C’est surtout la découverte de très riches archives de l’Institut roumain pour les relations culturelles à l’étranger qui m’a donné la possibilité de continuer ces recherches. J’ai publié quelques articles sur ces sujets – esquissant le cadre général des échanges littéraires -, un livre sur les guides-accompagnateurs des invités étrangers en Roumanie communiste dont des Français (Les complices d’une utopie en construction. Les guides-interprètes roumains dans la première décennie communiste, Bucarest, Pro Universitaria, 2023) et j’ai organisé quelques conférences internationales à Bucarest dans le but de réunir des chercheurs intéressés aux échanges littéraires et artistiques des pays communistes. L’une des conférences, organisée en 2024 avec l’appui de l’Institut Français de Roumanie, a concerné plus particulièrement les relations culturelles franco-roumaines. A présent je continue ces recherches en analysant plus en détail les voyages des intellectuels français en Roumanie communiste (Louis Aragon, Elsa Triolet, Paul Eluard, Pierre Daix et beaucoup d’autres). J’ai récemment publié un article sur le voyage d’Aragon et Triolet en Roumanie en 1947 (Etudes balkaniques, 2024) à partir des archives roumaines et j’aimerais développer ce sujet après avoir étudié récemment en France les Archives Diplomatiques de Nantes.