PACOURET Jérôme

Parcours universitaire et financements

  • 2019 : décembre 2019 – novembre 2020 : Postdoctorat à la faculté de science politique et de droit de l’UQAM, Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation
  • 2019 : qualifié en section 19 (sociologie, démographie) et en section 04 (science politique)
  • Janvier 2019 – novembre 2019 : Postdoctorat à l’Institut de Recherche Médias, Cultures, Communication et Numérique (IRMECCEN), Université Paris 3, ANR Pluralisme de l’information en ligne
  • 2018 : Doctorat en sociologie de l’Université de recherche Paris Sciences et Lettres, préparé à l’EHESS
  • 2016 – 2018 : Enseignant vacataire à l’Université Paris 10
  • 2014 – 2016 : ATER en science politique à l’Université Paris 1 (UFR 11)
  • 2013 – 2014 : Visiting Graduate Researcher, UCLA. Bourse Fulbright et Lurcy
  • 2012 – 2013 : Mission d’enseignement en science politique, Université Paris 1 (UFR11)
  • 2011 – 2012 : Mission de recherche, Université Paris 1, ANR Polilexes
  • 2011 – 2014 : Contrat doctoral de l’EHESS (CESSP)
  • 2011 : Master Sociologie générale de l’EHESS (Mention très bien)
  • 2010 : Diplôme de l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble et Master Politiques publiques et changement social (Mention Bien)

Thématiques de recherche

Droits de propriété intellectuelle (droit d’auteur et copyright) ; Travail cinématographique, journalistique, littéraire et artistique ; économie et régulation du cinéma, des médias et d’internet ; professions juridiques ; échanges culturels transnationaux ; engagement intellectuel et mobilisations

Thèse

  • Qu’est-ce qu’un auteur de cinéma ? Copyright, droit d’auteur et division du travail (années 1900-2010)

Thèse soutenue le 3 septembre 2018
Directrice de la thèse : Gisèle Sapiro

Jury :
Philippe BOUQUILLION (professeur à l’Université Paris 13), Didier DEMAZIERE (directeur de recherche au CNRS), Julien DUVAL (directeur de recherche au CNRS), Liora ISRAEL (maîtresse de conférence à l’EHESS), Violaine ROUSSEL (professeure à l’Université Paris 8) et Gisèle SAPIRO (directrice de recherche au CNRS et directrice d’études à l’EHESS)

Résumé de la thèse

Pourquoi les films de cinéma sont-ils souvent attribués à des auteurs alors même que leurs génériques énumèrent des dizaines de noms propres et de noms de métiers ? A la suite de Michel Foucault et de sa définition de la « fonction-auteur » comme forme d’appropriation des discours, cette thèse étudie la genèse et l’existence des auteurs de films au prisme des luttes de définition de leurs droits de propriété. Plutôt que de considérer les auteurs de cinéma comme ceux qui « font » les films ou comme une fiction occultant le caractère collectif de leur fabrication, elle montre que les auteurs sont les produits d’une division du travail cinématographique et des rapports de domination qui la traversent. Ce travail, inscrit dans une perspective de sociologie historique, adopte un référentiel binational centré sur la France et les Etats-Unis, où les auteurs de films ne disposent pas des mêmes droits. Il vise à objectiver les dimensions nationales, internationales et transnationales de l’appropriation des films. La période étudiée débute au moment où des personnes et des groupes ont été définis juridiquement comme des auteurs de cinéma : dès les années 1900.
La première partie de ce texte est consacrée à la définition du droit de propriété des films depuis l’émergence du cinéma jusqu’à l’adoption de la loi du 11 mars 1957 et du Copyright Act de 1976. Après des décennies de débats, ces lois ont défini différemment l’identité et les droits des auteurs de films. A partir de publications juridiques, cinématographiques et parlementaires, on étudie ces lois comme les résultats d’un travail de codification structuré par des normes préexistantes et par les relations entre les acteurs qui ont participé à leur rédaction. Le développement du droit de propriété cinématographique est à la fois la cause et la conséquence de la constitution d’un espace de négociation regroupant des professionnels du droit, des hauts fonctionnaires, des professionnels de la politique et des organisations professionnelles du cinéma, dont certaines se sont constituées dans le but de défendre le statut d’auteur de leurs membres. La thèse montre ce que les normes du droit de propriété cinématographique français et américain doivent aux savoir-faire et concurrences entre des experts du droit de propriété intellectuelle, ainsi qu’aux relations entre des organisations professionnelles inégalement dotées en ressources économiques, juridiques et politiques. En examinant les révisions de la Convention de Berne, on analyse les interdépendances entre les processus de définition des normes nationales et internationales de la propriété des films.
La deuxième partie de la thèse prolonge et dépasse l’étude du droit de propriété en analysant l’appropriation des films comme une relation structurée par la division du travail cinématographique et social. Les luttes de définition de l’auteur de film qui ont débuté dans les années 1910 ont contribué à la hiérarchisation du personnel cinématographique et à la différenciation de la valeur cinématographique par rapport à d’autres formes de valeur économique et artistique. Des témoignages, autobiographies et publications cinématographiques permettent de montrer que l’attribution des films à des auteurs dépend de diverses relations de production, de diffusion et de valorisation des films, comme la répartition des tâches et du pouvoir entre le personnel, les incertitudes et inégalités qui structurent les trajectoires des prétendants au statut d’auteur et les vertus cognitives et distinctives de la fonction-auteur employée par les critiques et une fraction des spectateurs. On mobilise pour cela les travaux de Pierre Bourdieu sur les champs de production culturelle, d’Howard Becker sur les mondes de l’art et d’autres recherches sur les professions et artistiques et non-artistiques. En outre, la thèse constate que les hiérarchies professionnelles du cinéma se sont construites à l’intersection de rapports de domination communs à différents domaines d’activité. Par exemple, le genre a servi à hiérarchiser les groupes professionnels, à répartir le travail cinématographique et à exclure les femmes de certains métiers du cinéma. Le cinéma a produit d’immenses inégalités de richesse qui ont attisées les luttes de définition de l’auteur et accru le prestige de certains métiers. La thèse explique également ce que les hiérarchies professionnelles du cinéma doivent à des échanges transnationaux, des concurrences internationales et aux nationalismes et universalismes cinématographiques. A cette fin, elle objective les asymétries de la division internationale du travail cinématographique, à l’aide des concepts de centre et de périphérie employés par la théorie des systèmes-monde, de travaux sur les échanges internationaux de biens culturels et de données sur les palmarès de festivals internationaux et la production et les échanges de films.
La troisième partie est centrée sur les cinéastes et leur mobilisation autour du droit de propriété des films depuis les années 1960. En négociant des conventions collectives, la loi du 3 juillet 1985 sur le droit d’auteur, l’adhésion des Etats-Unis à la Convention de Berne et des lois réprimant les pratiques dites de téléchargement illégal (comme les lois HADOPI et SOPA), des réalisateurs, des réalisatrices et leurs organisations ont fait valoir le statut d’auteur pour obtenir ou défendre des droits censés accroître leur pouvoir, leur reconnaissance et leurs revenus. Leurs revendications ont été dénoncées par des cinéastes remettant en cause la notion d’auteur, la propriété des œuvres et/ou les intérêts d’entreprises dominantes. Les alliances et divisions des cinéastes français sont rapportées à leurs trajectoires cinématographiques grâce au concept de champ et à des données prosopographiques traitées en combinant les méthodes de l’analyse des correspondances multiples et de l’analyse de réseaux. La thèse étudie la division du travail de représentation des cinéastes entre des professionnels plus ou moins connus et reconnus, des militants et des dirigeants de sociétés d’auteurs. Sur la base d’entretiens et d’observations, on observe les points de vue des cinéastes français sur leurs droits de propriété et sur la répartition de l’argent entre les groupes professionnels du cinéma. Ces points de vue varient en fonction des positions des cinéastes dans la division du travail cinématographique, dans le champ du cinéma et dans des hiérarchies économiques, objectivées à l’aide de données statistiques.
Ce travail s’adresse ainsi aux personnes intéressées par l’histoire du droit d’auteur, du copyright, du cinéma, de ses auteurs et de leurs modes de production ; aux personnes réfléchissant à la division, la hiérarchisation et l’appropriation du travail artistique ou non-artistique ; aux personnes intéressées par les approches transnationales.

Publications

Livre

Les droits des auteurs de cinéma. Sociologie historique du copyright et du droit d’auteur, Institut Universitaire Varenne, 2019

Direction de numéros de revues

  • « Autonomies des arts et de la culture », Biens symboliques / Symbolic Goods, à paraître début 2019. (avec M. Hauchecorne)
  • Introduction : « Autonomies des arts et de la culture. Les biens symboliques face à l’Etat et au marché »
  • « La culture entre rationalisation et mondialisation », Actes de la recherche en sciences sociales, n°206-207, mars 2015. (avec G. Sapiro et M. Picaud)
  • Introduction : « Transformations des champs de production culturelle à l’ère de la mondialisation », p. 4-13

Articles de revues à comité de lecture

  • « La genèse des droits de propriété des auteurs de cinéma : une comparaison transnationale du droit d’auteur et du copyright », Droit et société, à paraitre en 2021
  • « Le déclassement des scénaristes (Etats-Unis, France, années 1910-1950) », Création collective au cinéma, n°3, 2020, p. 19-40
  • « Qu’est-ce qu’un (auteur de) film ? Prétendants au statut d’auteur et autonomisation du cinéma avant les Nouvelles Vagues (États-Unis-France) », Biens symboliques / Symbolic Goods, n°4, 2019
  • « Logiques d’engagement des réalisateurs de films au sujet de la loi HADOPI. Effet de corps, effet de champ et division du travail de représentation professionnelle des cinéastes », Actes de la recherche en sciences sociales, n°206-207, mars 2015, p. 138-155
  • « L’amour de la littérature : le festival, nouvelle instance de production de la croyance. Le cas des Correspondances de Manosque », Actes de la recherche en sciences sociales, n°206-207, mars 2015, p. 108-137. (avec G. Sapiro, M. Picaud & H. Seiler)

Chapitres d’ouvrages

« Law and Intellectual History : Copyright Law and International Law », in Stefanos Geroulanos et Gisèle Sapiro (dir.), The Society of Ideas : Handbook of Intellectual History, à paraitre en 2021 (avec L. Manbeck)

  • « Mapping the Public of a Literary Festival with MCA : the Specificity of Literary Capital », in Jörg Blasius, Frédéric Lebaron, Brigitte Le Roux & Andreas Schmitz, Empirical Investigation of the Social Space, Springer, à paraitre en 2019. (avec G. Sapiro et M. Picaud)
  • -* « Les écrivain⸱e⸱s dans la division du travail cinématographique », in Gisèle Sapiro et Cécile Rabot (dir.) Profession ? Ecrivain, Paris, CNRS Editions, 2017.
  • « La circulation des biens culturels : entre marchés, Etats et champs », in Johanna Siméant (dir.), Guide de l’enquête globale en sciences sociales, CNRS Editions, Paris, 2015, p. 69-93. (avec G. Sapiro)

Rapports

« Le Brexit des acteurs culturels britanniques », dans A. Vlassis, Bataille mondiale pour une taxation numérique et des règles du jeu équitables, CEIM et FICDC, 2020
« Une journée aux Correspondances : formes et espaces de rencontre entre écrivain·e·s et festivaliers », dans G. Sapiro (dir.), avec J. Deventer, M. Picaud, H. Seiler, A. Servais, « L’écrivain·e à la rencontre de son public. Enquête sur le public du festival Les Correspondances de Manosque », CESSP, 2012
Avec A. Cohen, F. Lebaron, A. Mégie, M. Rask Madsen, G. Sacriste, A. Vauchez, « L’Europe du droit et ses élites. Prosopographie et champ transnational », ANR Dejuge, CESSP, Université Paris 1, 2012

Valorisation de la recherche

« Préface », in Scénaristes de cinéma : un autoportrait, Scénaristes de cinéma associés, à paraître début 2019
« Qu’est-ce qu’un réalisateur salarié ? », Lettre de la Société des Réalisateurs de Films, n°97, décembre 2012

Participation à des enquêtes collectives

  • Depuis 2019 : "Enquête sur les questions prioritaires de constitutionnalité", Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux (CREDOF), Université Paris 10
  • Depuis 2019 : "Un champ de la régulation publique indépendante ?", CESSP, Université Paris 1, projet coordonné par Antoine Vauchez
  • Depuis 2019 : ANR "Pluralisme de l’information en ligne", Université Paris 3, CEREGE, IMT Atlantique
  • 2017 – 2019 : Projet « Crossroads of Intellectual History », EHESS & NYU.
  • 2016 – 2018 : « La transnationalisation d’Hollywood : Relations et circulations franco-américaines dans les industries du cinéma et de la télévision », Programme international de coopération scientifique, coordonné par Violaine Roussel et Michael Curtin, CRESPPA, University of Southern California.
  • 2014 – 2016 : Enquête sur la reconnaissance professionnelle des écrivains, sous la direction de Cécile Rabot et Gisèle Sapiro, CESSP, pour le compte de l’Observatoire du livre et de l’écrit en Île-de-France.
  • 2011 – 2014 : Enquête sur le public du festival littéraire Les Correspondances de Manosque, sous la direction de Gisèle Sapiro, CESSP.
  • Depuis 2011 : Enquête sur le droit et juristes dans le gouvernement de l’Europe, ANR Polilexes DEJUGE, Université Paris 1, CESSP.

Animation de la recherche

  • Depuis 2017, coresponsable du Réseau thématique 27 « Sociologie des intellectuels et de l’expertise : savoir et pouvoir » de l’Association Française de Sociologie
    Coordination de la préparation des sessions du RT27 lors des Congrès de l’AFS d’Aix-en-Provence (août 2019) et de Lille (juillet 2020)
  • Avec Mathieu Hauchecorne et Odile Henry, organisation de la journée d’étude « L’autonomie en questions. Réflexions sur le concept d’autonomie en sociologie de l’art, des intellectuels et de l’expertise  », Réseau thématique 27 de l’Association Française de Sociologie, CRESPPA, CESSP, 12 février 2015
  • Membre du comité scientifique du colloque « La "sociologie des arts et de la culture" et ses frontières », Réseau thématique 14 de l’Association Française de Sociologie, 6-7 novembre 2014
  • Avec Jean-Michel Chahsiche, Lucile Dumont, Romain Lecler et Mathieu Marcinkowski, organisation du colloque « Fiction et sciences sociales. Bonnes et mauvaises fréquentations », colloque des doctorants du CESSP, Ecole doctorale de l’Université Paris 1, 25 et 26 septembre 2014
  • 2012-2017, membre du bureau du Réseau thématique 27 « Sociologie des intellectuels et de l’expertise : savoir et pouvoir » de l’Association Française de Sociologie
  • Avec Caroline Bertron, Marie-Victoire Bouquet, Hugo Bréant et Lucile Dumont, organisation du séminaire des doctorants du Centre européen de sociologie et de science politique, EHESS (2012-2013)

Enseignements

  • 2019 - TD « Politique de la fiction » (L2), Nouveau collège d’études politiques, Université Paris Lumières, (20h)
  • 2018 - CM « Politiques culturelles mondiales » (M1-M2), Master de relations internationales, Institut Sorbonne-Kazakhstan (Université Kazakhe Nationale Pédagogique Abaï et Université Sorbonne Paris Cité), (24h)
  • 2016-2018 - TD « Internationalisation de la culture » (M1), Master Sciences humaines et sociales, mention Métiers du livre et de l’édition, UFR SITEC, Université Paris 10, (3 x 20h)
  • 2015-2016 - TD « Sociologie générale et techniques d’enquête » (L3), Double licence d’histoire et de science politique, Université Paris 1, (24h)
  • 2015-2016 - TD « Tutorat de recherche » (M1), Master de science politique, Université Paris 1, (3 x 24h)
  • 2012-2013 et 2014-2015 - TD « Systèmes politiques comparés », Licence 2 de droit et de science politique, Université Paris 1, (6 x 18h)
  • 2014-2015 - TD « Forces politiques et sociales », Licence 2 de droit et de science politique, Université Paris 1, (2 x 18h)
  • 2012-2013 - TD « Méthodologie des sciences politiques » (L1), Licence de droit et de science politique, Université Paris 1, (9h)
  • 2011-2012 - TD « Problèmes sociaux contemporains » (L3), Licence AES, Université Paris 13, (24h)