LÉPINAY Thomas

Thèse

Le pouvoir des rapports. La Cour des comptes, du jugement des comptes à l’évaluation des politiques publiques. Contribution à l’histoire des grands corps de l’État
Dir. : Brigitte Gaïti. Soutenue le 21 septembre 2020.

Jury

Philippe Bezes – DR, Sciences Po, CEE
Daniel P. Carpenter – Allie S. Freed Professor of Government, Harvard University
Florence Descamps – MCF en histoire, HDR, EPHE, Histara
Jean-Michel Eymeri-Douzans – PU, Sciences Po Toulouse, LaSSP
Bastien François – PU, Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne, CESSP
Brigitte Gaïti – PU, Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne, CESSP

Résumé

Entre l’après-guerre et le début du XXIe siècle, la Cour des comptes, grand corps de l’État dont les membres ont pour la plupart compté parmi les meilleurs élèves de l’ENA, a connu une trajectoire singulière : autrefois cantonnée à une tâche technique et juridique de vérification de la régularité des comptes publics, elle a progressivement étendu ses missions vers des tâches réputées plus politiques comme le contrôle de la gestion, l’évaluation des politiques publiques ou encore l’analyse macro des finances publiques. De surcroît, ce changement ne s’est pas fait dans la discrétion : la Cour est devenue dans le même temps une institution fortement médiatisée. En d’autres termes, les magistrats ont construit de nouveaux publics, de nouvelles alliances, ont renouvelé leur profession et leur rôle et ont déplacé la « frontière » entre le politique et l’administratif (Eymeri-Douzans, 2003).
Au rebours des approches traditionnelles sur les grands corps de l’État, qui tendent à mettre l’accent sur les circulations des membres hors de l’institution (vers d’autres administrations, en cabinet ministériel, dans des entreprises ou à des postes d’élus), l’hypothèse développée est que les membres du corps ont modelé leur travail quotidien dans les murs, c’est-à-dire l’écriture de rapports, pour renforcer et améliorer leur position au sommet de l’État. La thèse interroge ainsi dans un premier temps les évolutions des formes de contrôle exercées par les magistrats des comptes, en les contextualisant dans les transformations de l’État. Elle examine ensuite la manière dont les acteurs ont fait reconnaître leur expertise par des publics variés (gouvernement, parlementaires, journalistes, groupes d’intérêt…) et ont construit une nouvelle image organisationnelle. Elle entre enfin dans la boîte noire de la production et de la réception des rapports, pour comprendre comment une institution peut être durablement reconnue comme « lieu neutre ».
L’approche retenue utilise les outils de la sociologie des institutions (Lagroye, Offerlé, 2010) et les travaux sur la réputation organisationnelle (Carpenter, 2010). Elle repose sur l’exploitation de matériaux divers : entretiens, archives écrites et orales, observations, analyse de la presse et de rapports publics.

Formation

  • Depuis 2014 : Doctorant en science politique à l’Université Paris-1 Panthéon Sorbonne
  • 2012-2014 : Master en science politique à l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, mention très bien.

Enseignement

Expériences d’enseignement

  • 2018-2020 : Enseignant vacataire à l’université Versailles-Saint-Quentin
  • 2017-2019 : ATER à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne
  • 2014-2017 : Doctorant contractuel avec mission d’enseignement à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne
  • 390 HETD, dont 24 heures de cours magistraux. Différents publics (L1, L2, L3 science politique, droit, double licence histoire ou philosophie-science politique, M1 science politique).

Détail des enseignements

État et action publique

  • Institutions politiques et administratives (CM, 2x12h, M1) : Cours magistral construit en autonomie. Principaux thèmes abordés : le régime de la Ve République, le métier d’élu et les entourages, la haute administration, les relations politique/administratif.
  • Organisation de l’État et action publique (TD, 18h, L3). TD construit en autonomie.
  • Sociologie de l’État (TD, 3x18h, L2). TD construit en autonomie.

Sociologie des partis politiques et des groupes d’intérêt

  • Forces politiques (TD, 7x18h, L2) : Sociologie des partis politiques et des groupes d’intérêt (syndicats, lobbies).

Sociologie politique

  • Sociologie politique (introduction générale) (TD, 5x18h, L1).

Sociologie des comportements politiques

  • Sociologie politique (sociologie des comportements politiques) (TD, 2x18h, L1).

Méthodologie

Techniques documentaires (TD, 18h et 12h, L1).

Publications

Articles dans des revues à comité de lecture

  • [à paraître] « Écrire à l’image de son institution. Les rapports de la Cour des comptes et du Conseil économique, social et environnemental », Revue internationale de politique comparée, 2019, vol. 26, n° 4, p. 33-53.
  • « Du juge des comptes au conseiller du prince. Quand la Cour des comptes transforme ses manières de contrôler », Politix, 2018, n° 124, p. 111-134.

Chapitres dans des ouvrages collectifs à comité de lecture

  • « Devenir ’’les sages de la rue Cambon’’. La construction d’une position d’indépendance à la Cour des comptes », in Bastien François, Antoine Vauchez (dir.), Politique de l’indépendance. Formes et usages contemporains d’une technologie de gouvernement, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2020, p. 73-94.
  • « ‘‘Si on respecte pas les gens qui travaillent pour vous, c’est pas la peine…’’ Une entreprise familiale de transport routier », in Michel Offerlé (dir.), Patrons de France, Paris, La Découverte, 2017, p. 335-347.

Chapitres de rapports de recherche

  • « La domestication bureaucratique de l’agence. Rapports administratifs et construction du récit de l’État régulateur », in Antoine Vauchez (dir.), Un champ de la régulation publique indépendante ? Acteurs, registres de justification et formes d’autorité politique des agences en France, Recherche financée par la mission Droit et justice, 2019, p. 103-119.

Recensions d’ouvrage

  • Lemoine (Benjamin), L’ordre de la dette. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché, préface d’André Orléan, Paris, La Découverte, 2016, 304 p. in Politix, 2017/2, n° 118.

Mémoire de recherche

  • Une assemblée du « consensus » ? L’écriture des avis au Conseil économique, social et environnemental, Mémoire de science politique, Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, 2014, dir. Brigitte Gaïti.

Communications

Colloques

  • « Comment devenir un intermédiaire ? La Cour des comptes, les pouvoirs publics et le "passant de la rue Cambon" », Congrès de l’AFSP, ST10, Bordeaux, 2-4 juillet 2019.
  • « La contrainte comme ressource. L’appropriation des règles budgétaires et comptables européennes par la Cour des comptes », Congrès de l’AFSP, ST68, Bordeaux, 2-4 juillet 2019.
  • « Les destins des rapports publics. La réception des travaux de la Cour des comptes dans le débat public », Colloque « Le "débat public" : acteurs, structuration, ressources » organisé par le SAGE, Strasbourg, 16-17 mai 2019.
  • (avec Pierre Mayance, Evélia Mayenga et Bérangère Rocalve), « Conclusion : retour sur l’autonomie comme nouvel impératif de l’action publique », Colloque « Que veut dire autonomie aujourd’hui ? Genèse et usages d’une catégorie d’action publique », organisé par le CESSP avec le soutien de l’École doctorale de Science politique de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, à Paris, 18-19 juin 2018
  • « How Institutions Define their Reports : The Cases of French Economic, Social and Environmental Council and the Court of Accounts », Congrès de l’ECPR, Oslo, 6-9 septembre 2017.
  • « Comment les institutions définissent leurs rapports : les cas du Conseil économique, social et environnemental et de la Cour des comptes », Congrès de l’AFSP, ST75, Montpellier, 10-12 juillet 2017.
  • « Devenir les « sages de la rue Cambon ». Indépendance et stratégie d’autorité morale », Colloque « Politiques de l’indépendance », organisé par le CESSP, Paris, 12-13 janvier 2017.

Ateliers, journées d’étude et séminaires

  • « La Cour des comptes, du jugement des comptes au conseil au prince ? Présentation générale de l’enquête », Séminaire Chantiers d’histoire administrative organisé par Marc-Olivier Baruch, Natacha Gally et Émilien Ruiz, 19 avril 2019.
  • « De l’agence à l’autorité de régulation : l’apprivoisement d’une forme organisationnelle nouvelle par les hauts fonctionnaires », Workshop « Un champ de la régulation publique indépendante ? », CESSP, 12 décembre 2018.
  • « La Cour des comptes, du jugement des comptes au conseil au prince ? Présentation générale de l’enquête », Séminaire du CESSP, 5 octobre 2018.
  • « La Cour des comptes, du jugement des comptes à l’évaluation des politiques publiques. Présentation générale de l’enquête », Atelier Sociologie politique du gouvernement, labex TEPSIS, groupe de travail dirigé par Delphine Dulong (CESSP, Paris I Panthéon-Sorbonne), 23 juin 2017.

Animation de la recherche

Événements scientifiques

  • Organisateur avec Morgane Hauguel, Clément Lescloupé, Pierre Mayance, Evélia Mayenga, Guillaume Petit, Delphine Raccurt et Bérangère Rocalve, du Colloque « Que veut dire autonomie aujourd’hui ? Genèse et usages d’une catégorie d’action publique », organisé par le CESSP, avec le soutien de l’École Doctorale de Science Politique de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, à Paris, les 18 et 19 juin 2018. [Site internet du colloque]

Expériences de recherches collectives

  • Depuis 2019 : Membre du RT 37 « Sociologie des médias » de l’Association Française de Sociologie (AFS)
  • Depuis 2017 : Membre du groupe de recherche Juges, régulateurs et déontologues. Politiques de l’indépendance et nouvelles formes d’autorité politique, Mission de recherche Droit et justice dirigée par Antoine Vauchez.

Responsabilités électives

  • Représentant au conseil de l’École doctorale de science politique (ED 119), Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, 2019-
  • Représentant (collège B : MCF, PRAG, ATER, DCE) au conseil de l’UFR 11 (science politique), Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, 2017-2018.