GALLARD Antoine

Thèse

Titre provisoire : La France est en guerre » : se préparer, gérer et répondre aux attentats du 13 novembre 2015, étude de la gestion d’une crise terroriste

Direction : Frédérique Matonti
Financement : Programme 13 novembre

Résumé

Le 13 novembre 2015, la France fait face selon les propos de son chef de l’Etat à des « actes de guerre » et plonge alors la France dans une « guerre contre le terrorisme djihadiste ».

Cette thèse vise à interroger cette « crise » terroriste en se penchant notamment sur les trois séquences temporelles d’un tel évènement.

Il s’agit d’un premier temps d’interroger la « préparation » face au risque terroriste. La préparation au risque terroriste recouvre divers savoir-faire, pratiques et espaces variés destinés à se préparer. Cette thèse vise à étoffer les recherches en ce sens, en se focalisant spécifiquement sur la manière et les conséquences de la conceptualisation du risque terroriste, notamment depuis le Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale de 2008. De là, nous cherchons à comprendre les effets du cadrage du risque terroriste comme relevant de « la sécurité nationale » et quoi celui-ci participe à faire de la menace terroriste un risque pour tous mais qui participe néanmoins à renforcer les pouvoirs du Président de la République. Pour cette partie, deux espaces sont alors particulièrement observés vis-à-vis de cette labellisation du risque terroriste et la préparation pour y faire face : le Parlement et notamment la commission de la Défense et le Secrétariat Général de Défense et de la Sécurité Nationale (ie. SGDSN)

Dans un deuxième temps, nous nous focalisons plus particulièrement sur la « dynamique de crise » des évènements du 13 novembre 2015. Adoptant une démarche présentiste, cher à Michel Dobry, nous cherchons ici à comprendre comment les protagonistes – surtout politiques – gèrent la crise des attentats. Notre démarche consiste donc à se focaliser sur la définition de l’attaque terroriste alors que les informations sont encore partielles au Stade de France, à comprendre selon quelle logique la cellule interministérielle de crise (ie. CIC) est déclenchée, aux enjeux d’une définition martiale de l’évènement plutôt qu’une autre, etc. Nous proposons également un travail annexe, celui d’une étude des récits de la crise, notamment des ouvrages politiques, des documentaires sur la gestion de crise afin de saisir in fine, en quoi ces évènements font-ils également l’objet d’une lutte symbolique autour de sa captation. Cette partie de notre travail de recherche est réalisée grâce à l’ETUDE 1000 réalisée par le Programme 13 novembre, aux entretiens avec d’anciens dirigeants et dirigeantes politiques, haut.e.s fonctionnaires et opérationnels en place, à une revue de presse détaillée de l’époque ainsi qu’aux ouvrages politiques écrits qui relatent cette période.

Enfin, notre dernière partie se concentre sur les réponses proposées pour faire face à ce drame humain. L’enjeu est d’adopter – dans la lignée d’autres recherches dont la plus connue et sans doute celle d’Allison sur la crise de Cuba – une logique dite non décisionniste de la décision. Autrement dit, nous démontrons dans cette étude des réponses que celles-ci s’inscrivent des routines administratives, des plans, des processus qui contribuent à faire remonter une option plutôt qu’une autre aux autorités politiques. Nous nous pencherons particulièrement sur les propositions de création d’une Garde Nationale ainsi que sur celle de la déchéance de nationalité.