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FRANCOIS Camille

Maître de conférences en sociologie, Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne

JPEG Adresse professionnelle
Centre européen de sociologie et de science politique
54 boulevard Raspail
75006 Paris

DOMAINES DE RECHERCHE

Expulsions locatives
Sociologie urbaine et du logement
Sociologie du droit et de la justice
Sociologie de l’État et de l’action publique
Sociologie des classes populaires : économies domestiques et trajectoires résidentielles

THESE

Camille François, « Déloger le peuple. L’État et l’administration des expulsions locatives », thèse de sociologie à l’Université Paris 8, sous la direction de Sylvie Tissot.

Soutenue le 22 novembre 2017 devant un jury composé de : Stéphane Beaud (PR de sociologie, Université de Poitiers, président), Claire Lemercier (DR CNRS, CSO), Hélène Michel (PR de science politique, Université de Strasbourg, rapporteure), Gilles Pinson (PR de science politique, IEP de Bordeaux), Alexis Spire, (DR CNRS, IRIS, rapporteur), Sylvie Tissot (PR de science politique, Université Paris 8, directrice).

Résumé : Chaque année, près de 165 000 ménages locataires sont assignés au tribunal par leurs propriétaires dans le cadre d’une procédure d’expulsion pour dette locative, soit plus de 1% des ménages résidant dans le parc locatif de France métropolitaine. Fondée sur une enquête statistique et ethnographique menée dans un département populaire de région parisienne, cette thèse restitue les inégalités de trajectoire d’un échantillon de locataires en procédure d’expulsion, en lien avec l’activité des institutions publiques chargées de recouvrir leurs créances et d’administrer ce contentieux : commissions de travail social liées au droit au logement, tribunaux d’instance, bureau des expulsions de la préfecture et commissariats de police. Elle met tout d’abord en lumière les conditions et la rationalité économiques spécifiques qui conduisent un nombre important de ménages populaires à suspendre le paiement du loyer plutôt que de recourir à d’autres circuits d’endettement. La thèse analyse ensuite les dispositifs de recouvrement et les usages du droit que mobilisent les propriétaires afin de recouvrir et de sanctionner les créances locatives, et le traitement que réserve l’institution judiciaire à leurs demandes et aux locataires indisciplinés. Elle étudie enfin les logiques régaliennes de l’autorisation administrative et de l’exécution, par les agents de l’État et les acteurs publics locaux, du concours de la force publique à l’encontre des ménages condamnés par le tribunal et se refusant à quitter leur logement. En définitive, la thèse analyse l’endettement locatif comme une transaction à crédit particulière, dont les dispositifs de recouvrement et de sanction coercitive font apparaître la violence légitime de l’État comme une instance nécessaire à la régulation du marché du logement, de ses normes économiques comme des inégalités de patrimoine et de statuts résidentiels qui le structurent.

Mots-clés : Expulsions ; Logement ; Classes populaires ; Locataires ; Propriétaires ; Droit ; Justice ; État ; Action publique ; Discriminations ; Marché.

PUBLICATIONS

Articles

« Un marché désajusté. Conflit de normes agricoles et parrainage gastronomique autour de la construction d’une filière écologique en viande bovine », Regards sociologiques, n°50-51, 2017, Dossier « Sur les alternatives en agriculture », p.163-182.

« Un droit au logement à géométrie variable. Les ancrages socio-spatiaux du Fonds solidarité logement », Espaces et sociétés, n°170, 2017, Dossier « Logement et inégalités », p.91-106.

« Une discrimination au délogement. Les procédures judiciaires d’expulsion locative des résidents de foyers de travailleurs migrants », Terrains & Travaux, n°29, 2016, Dossier « La fabrique des discriminations », p.105-125.

« Jouer de la vulnérabilité résidentielle. Le travail de relogement au cœur de la démolition des grands-ensembles », Métropolitiques, 2016, Dossier « Les vulnérabilités résidentielles en question ».

« Produire et normaliser les familles par le logement. L’exemple du travail de relogement dans la rénovation urbaine », Mouvements, n°82, 2015, Dossier « Famille pour tous ? », p.36-42.

« Disperser les ménages. Groupes résidentiels et familiaux à l’épreuve de la démolition d’un grand-ensemble », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n°204, 2014, Dossier « Les espaces de l’entre-soi », p.102-117.

« Au mépris des locataires. Infériorisation sociale et assignation résidentielle des relogés de la rénovation urbaine », Genèses. Sciences sociales et histoire, n°96, 2014, Dossier « Le dégoût des autres », p.86-109.

Chapitres d’ouvrages collectifs

« Faire payer les femmes : le sexe du recouvrement des dettes de loyer », in Catherine BONVALET, Anne LAMBERT et Pascale DIETRICH-RAGON (dir.), Le Monde privé des femmes. Genre et logement dans la société française contemporaine, Éditions de l’INED, 2018, [à paraître].

« L’État et le maintien de l’ordre socio-résidentiel : formes et déterminants du délogement des ménages en procédure d’expulsion locative », in Laurent CAILLY et Françoise DUREAU (dir.), Les espaces du logement. Pratiques habitantes et politiques publiques, L’Harmattan, coll. « Habitat et sociétés », 2016, p.227-238.

Recensions et notes critiques

« Naissance du locataire ». Recension de Danièle Voldman, Locataires et propriétaires. Une histoire française, Paris, Payot, 2016, Métropolitiques, 2017.

Avec Pierre Gilbert, « Construire et gouverner les populations par l’espace. À propos de l’ouvrage Le peuplement comme politiques sous la dir. de Fabien Desage, Christelle Morel Journel et Valérie Sala Pala », Genèses. Sciences sociales et histoire, n°104, 2016, p.155-162.

Compte-rendu de Vanessa Caru, Des toits sur la grève : le logement des travailleurs et la question sociale à Bombay (1859-1950), Paris, Armand Colin, 2013, Vingtième siècle. Revue d’Histoire, 2014/1, n°121, p.176-181.

RESPONSABILITES EDITORIALES

Membre du comité de rédaction de la revue Métropolitiques

FORMATION ET DIPLÔMES

2017 - Doctorat de sociologie

2012 - Agrégation de sciences économiques et sociales

2011 - Master 2 « Pratique de l’interdisciplinarité en sciences sociales » (PDI), ENS-EHESS.
Mémoire : « Faire et défaire les familles : la démolition des grands ensembles à l’aune des recompositions familiales des ménages relogés », sous la direction de Stéphane Beaud.

2009-2010 - Lecteur au Global European Studies Institute de l’Université de Leipzig (Allemagne)

2007-2012 - Élève de l’ENS Ulm (Concours B/L 2007)