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2018

mis à jour le 31 mai

Louis Pinto, Paris, PUF, mais 2018

Loin d’être une simple étiquette neutre, la notion de consommateur est le résultat d’une histoire dont les dimensions sont intellectuelles et politiques. Au consommateur « aliéné » mis en avant par les critiques radicales de la « société de consommation », les libéraux ont opposé la vision optimiste d’un agent économique libre et informé, trouvant dans une offre abondante, diversifiée et renouvelée, les moyens de son épanouissement. Le débat a confronté au cours des années 1970-1980 des journalistes, des hommes politiques, des hauts fonctionnaires, des juristes. Pour l’essentiel, les choses en sont là aujourd’hui encore. Les libéraux l’ont emporté : qui oserait s’opposer au libre choix d’un consommateur souverain, pierre de voûte d’un ordre social fondé sur les valeurs marchandes ?

Louis Pinto éclaire cette consécration du consommateur à travers plusieurs angles : l’action gouvernementale, celle des intellectuels, celle des militants consommateurs et de la presse consumériste, le droit de la consommation et la formation des vendeurs.

Louis Pinto, sociologue, est directeur de recherche émérite au CNRS et enseigne à l’EHESS. Il a publié depuis plusieurs années des articles sur le thème de la consommation et des consommateurs. Ses autres domaines de recherche sont la culture, les intellectuels et les philosophes ; il est notamment l’auteur de La religion intellectuelle. Emmanuel Levinas, Hermann Cohen, Jules Lachelier (Puf, 2010).


Sous la direction d’Olivier Fillieule, Isabelle Sommier, Sophie Béroud, Camille Masclet, Thomas Hirsch avec le collectif Sombrero, Arles, Actes Sud 2018.

Cinquante ans après Mai 1968, que sont les militants devenus ? Après avoir jeté toutes leurs forces dans la bataille, cru souvent en l’imminence d’une révolution, suspendu longtemps leurs investissements scolaires, professionnels, voire affectifs pour “faire l’histoire”, comment ont-ils vécu l’érosion des espoirs de changement politique ?

La force de ce livre tient à un triple déplacement du regard – de Paris aux régions, des têtes d’affiche aux militants ordinaires, de la crise de mai à la séquence historique 1966-1983 – autant qu’à la richesse du matériau exploité : un dépouillement d’archives le plus souvent inexplorées, comme les documents déclassifiés des Renseignements généraux et des centaines de récits de vie recueillis à Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Rennes auprès de militants des syndicats ouvriers, des gauches alternatives et du mouvement féministe.

Cette mosaïque d’histoires constitue la chair de ce livre et permet de brosser un portrait non impressionniste des soixante-huitards, de leur carrière professionnelle, de leur vie affective, de la continuité de leurs engagements, apportant des réponses enfin étayées aux questions suivantes : la vie des soixante-huitards a-t-elle été bouleversée ou simplement infléchie par le militantisme corps et âme des années 1970 ? En ont-ils tiré profit ou le déclassement social fut-il le prix à payer ? Face aux convictions politiques d’antan, les militants font-ils figure d’apostats ou sont-ils toujours ancrés dans un rapport critique au monde social ? Peut-on dire qu’il existe une génération 68 ou n’est-ce qu’un mythe recouvrant d’un voile épais une hétérogénéité de personnes plus grande qu’on ne l’imaginait ?

Le site de l’éditeur


Sous la direction d’Olivier Fillieule et d’Isabelle Sommier, Paris, Presses de Science Po, 2018.

L’histoire de Mai 68 ne s’est pas écrite qu’à Paris, et ses auteurs ne sont pas que des étudiants. Partout en France, d’autres territoires, d’autres militants ont contribué à faire de la décennie qui suivit l’explosion de mai un « âge d’or des luttes », jouant parfois un rôle de catalyseur au plan national.

C’est le cas de Marseille et des Bouches-du-Rhône, sur lesquels cet ouvrage porte un regard singulier. En dépouillant des archives récemment déclassifiées, notamment celles des Renseignements généraux, et en collectant de nombreuses interviews de soixantehuitards marseillais, il exhume une histoire sociale et politique inédite de la région. De la fin des années 1960 au milieu des années 1980, il dévoile une cité phocéenne à l’avant-garde de combats tels que la défense des travailleurs immigrés et la reconnaissance des mouvements féministes, lesbiens et homosexuels.

Loin de la vulgate officielle centrée sur quelques figures médiatiques, Marseille années 68 fait revivre les actions de milliers de femmes et d’hommes « ordinaires » qui se sont engagés pour un monde plus juste et qui ont payé lourdement cet engagement, aussi bien sur le plan professionnel que personnel.

Il réhabilite une époque et une génération souvent mises en accusation et instrumentalisées à des fins politiques.

Commander sur le site de l’éditeur


coordonné par Ioana Cîrstocea, Delphine Lacombe et Elisabeth Marteu, Editions PUR, Paris, Mars 2018 ;

Forgé dans les milieux académiques et féministes états-uniens des années 1960, le concept de genre a enrichi les recherches en sciences sociales par une épistémologie permettant de dénaturaliser les différences, les inégalités et les identités sexuées. Devenu catégorie d’intervention publique, il fait aussi partie du langage et des répertoires des groupes militants. Ainsi, mobilisé à toutes les échelles (locales, nationales, internationales) par des acteurs contrastés, le genre connaît aujourd’hui un véritable éclatement. L’ouvrage interroge les modalités situées de ses circulations et de ses traductions en actions publiques, militantes, scientifiques et développe des analyses critiques de son succès globalisé et globalisant.

Introduction

Les auteures