CESSP - Centre européen de sociologie et de science politique


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2017

mis à jour le 22 mars

Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme,
Christel Coton, Editions Agone, Marseille, 2017
« Quand tu es capitaine commandant, tu es propulsé. Tu es mis sur un piédestal en permanence. Mais le commandement, c’est du paraître. C’est du théâtre ! C’est que de la com’. Il faut attirer l’attention. Et ce sont les subordonnés qui en redemandent. Ils demandent que tu sois mégalo… un petit peu. Un chef, il faut que, de temps en temps, il pète un câble. Ils veulent un capitaine qui a de la gueule.
Ta modestie, ils n’en veulent pas… Ils veulent que de la gloriole ! Du foutre, de la gloriole et de la fierté. » Alors que la lutte contre le terrorisme nous habitue toujours plus à la présence de militaires dans l’espace public, et que certains en appellent à l’armée pour « recadrer » et « remotiver » la jeunesse déshéritée, on sait en réalité bien peu de choses sur cette institution. Cet ouvrage, fruit d’une enquête par immersion en milieu officier, nous ouvre les portes d’un univers encore méconnu et en renouvelle les cadres d’analyse tout à la fois sociologiques et politiques. On découvre une institution étonnante traversée par des conflits et des rapports de force qui nous éclairent sur la violence ordinaire du monde social.
Pour une courte présentation vidéo de l’ouvrage, cliquez ici


La circulation des productions culturelles
Cinémas, informations et séries télévisées dans les mondes arabes et musulmans
Dominique Marchetti (dir.)
Description du Maghreb
Cet ouvrage a été dirigé par Dominique Marchetti avec la collaboration de Julien Paris.

Cet ouvrage analyse les enjeux (politiques, économiques, sociaux, religieux, linguistiques) du fonctionnement des univers culturels nationaux et transnationaux dans les pays des mondes arabes et musulmans.

Les auteurs s’appuient sur des enquêtes de terrain articulées autour de trois entrées. La première cerne les processus de transnationalisation culturelle en matière d’information, tout particulièrement le développement des chaînes panarabes d’information, les nouveaux rapports de force entre « grossistes » (agences de presse, etc.), l’émergence de médias en ligne et les acteurs transnationaux dans la formation des journalistes. Le deuxième volet appréhende ces logiques d’import-export à travers les programmes de télévision et le cinéma. Les films et les séries télévisées turques, l’émergence contemporaine de la production documentaire en langue arabe, les luttes politiques et religieuses autour des représentations visuelles des figures saintes de l’islam ou encore le poids de l’Inde et des Émirats arabes unis dans le marché cinématographique sont les terrains privilégiés. La troisième partie porte sur les politiques audiovisuelles et cinématographiques des États. Sont abordés successivement la diffusion des séries étrangères et nationales par les chaînes de télévision marocaines, les conditions de coproduction et de diffusion des films dits « du Maghreb » en France ou encore la création récente de deux instances de régulation des chaînes de télévision au Maroc et en Tunisie.

Au-delà des spécialistes, cet ouvrage s’adresse plus largement à tous ceux qui s’intéressent aux processus de transnationalisation culturelle.

Pour en savoir plus


Une génération sacrifiée ? Jeunes des classes populaires dans la France désindustrialisée
Stéphane Beaud et Gérard Mauger (dir.)
Postface de Florence Weber, 2017. Éditions Rue d’Ulm « Sciences sociales », 270 pages.

La massification scolaire, la désindustrialisation, les transformations du paysage politique et culturel ont provoqué une crise de reproduction de longue durée des classes populaires, dont les « jeunes des cités » constituent le point focal. Sans les exclure ni se réduire à leur cas, les enquêtes rassemblées dans ce livre analysent les inadaptations et les tentatives d’ajustement, les engagements et les désengagements, les espoirs et les déboires, les quêtes de compensation et les conversions, mais aussi les formes de reproduction au sein des nouvelles générations de jeunes des classes populaires. La menace du chômage, la précarité et le chantage à la docilité qu’elle permet, l’emprise des valeurs consuméristes, ont d’autant plus détérioré leurs capacités
de mobilisation que beaucoup se vivent comme « de passage ». Faut-il en conclure qu’à la culture de rébellion de la « génération ouvriérisée » des années 1970 s’opposerait aujourd’hui « l’individualisme négatif » d’une « génération désouvriérisée » ?

Stéphane Beaud est sociologue, professeur de science politique à l’Université Paris-Ouest Nanterre, chercheur à l’Institut des sciences sociales du politique (CNRS-Nanterre). Ses recherches portent sur les classes populaires, la démocratisation scolaire, les descendants d’immigrés avec un détour par la sociologie du football. Il a notamment publié, avec M. Pialoux, Retour sur la condition ouvrière (La Découverte-poche, 2011), Violences urbaines, Violence sociale (Fayard, 2003).

Gérard Mauger est sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique (CNRS-Paris I). Ses recherches concernent, pour l’essentiel, les générations et les âges de la vie (jeunesse), les pratiques déviantes et délinquantes, les classes populaires, les pratiques culturelles (lecture) et l’œuvre de Pierre Bourdieu. Il a récemment publié Lectures de Bourdieu (codir. F. Lebaron, Ellipses, 2012), Repères pour résister à l’idéologie dominante (Le Croquant, 2013), Lectures numériques. Une enquête sur les grands lecteurs (avec P. Gaudric et X. Zunigo, Bibliothèque du Centre Pompidou, 2014) et Âges et générations (La Découverte, 2015).
Avec la collaboration de Lorenzo Barrault-Stella, Thomas Beaubreuil, Clémentine Berjaud, Charles Berthonneau, Samuel Bouron, Vincent Burckel, Benoît Coquard, Pierig Humeau, Sophie Orange, Akim Oualhaci, Ugo Palheta, Martin Thibault.


Les classes populaires et le FN
un livre coordonné par Gérard Mauger et Willy Pelletier, Paris, Éditions du Croquant, janvier 2017

Les votes FN ne forment pas un « électorat », mais « un conglomérat ».

Dans ce « conglomérat » particulièrement volatile ne figure qu’un ouvrier sur sept, mais il inclut néanmoins une composante populaire qui n’est pas négligeable : plus de la moitié des votes FN se recrute chez les ouvriers et les employés (actifs ou retraités). Si ce vote FN d’une fraction des classes populaires – dont le premier parti est, et de loin, celui de l’abstention – ne surprend pas ceux qui les assimilent à la figure du « beauf » machiste et homophobe, raciste et xénophobe, il interpelle les autres. Les enquêtes ethnographiques rassemblées dans ce livre tentent d’élucider les raisons et les causes de ces votes populaires en faveur du FN. Que veut dire l’ouvrier ou la femme de ménage qui votent FN ? Un ouvrier qui vote FN est-il un « ouvrier raciste » et que signifie « raciste » dans son cas ? L’est-il au même sens qu’un aristocrate qui vote, lui aussi, FN ? Ces enquêtes portent à conséquences politiques : outre qu’elles invitent à rectifier la vision stéréotypée de « l’électeur FN », elles montrent que la lutte politique contre le FN peut prendre appui sur les contradictions latentes au sein de ce « conglomérat » pour travailler à son implosion.
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