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Lire les sciences sociales

mis à jour le 19 novembre

13 décembre 2018 à 14h, CNRS/site Pouchet, 59-61, rue Pouchet, 75017 Paris

Louis Pinto présentera en présence de l’auteure le livre de Giulia Mensitieri, « Le plus beau métier du monde ». Dans les coulisses de la mode, La Découverte, 2018.

Gérard Mauger présentera en présence de l’auteure le livre de Sarah Abdelnour, Moi, petite entreprise. Les auto-entrepreneurs, de l’utopie à la réalité, PUF, 2017

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Présentation des livres

Giulia Mensitieri : « Le plus beau métier du monde ». Dans les coulisses de la mode (La Découverte, 2018)

La mode est l’une des plus puissantes industries du monde : elle représente 6 % de la consommation mondiale et est en croissance constante. Depuis les années 1980 et l’entrée dans l’économie néolibérale, elle est devenue l’image étincelante du capitalisme, combinant prestige, pouvoir et beauté, et occupe une place centrale dans les médias et les imaginaires. Pourtant, cette industrie, qui apparaît comme un horizon professionnel hautement désirable, repose principalement sur du travail précaire, et ce aussi bien là où la production est externalisée qu’au cœur de la production créative du luxe, comme les prestigieux ateliers des maisons de couture.
À partir d’une enquête en immersion auprès des travailleurs créatifs de cette industrie (stylistes, mannequins, créateurs indépendants, coiffeurs, maquilleurs, vendeurs, journalistes, retoucheurs, stagiaires, agents commerciaux, etc.), ce livre dévoile la réalité du travail à l’œuvre derrière la façade glamour de la mode. Il met notamment en lumière les dynamiques d’exploitation et d’autoexploitation ainsi que le prestige social liés au fait de travailler dans un milieu désirable.
Des séances de « shooting » pour magazines spécialisés à la collaboration auprès d’un créateur de mode, en passant par des entretiens avec des stylistes travaillant pour de célèbres maisons de luxe et de couture, cette enquête dévoile une nouvelle forme de précarité caractéristique des industries culturelles du capitalisme contemporain, une précarité combinée au prestige, à la reconnaissance et à la visibilité. Il s’agit ainsi de décrypter les dynamiques invisibles sur lesquelles repose l’industrie de la mode pour mieux la « déglamouriser ».

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Sarah Abdelnour, Moi, Petite entreprise. Les auto-entrepreneurs, de l’utopie à la réalité (PUF, 2017).

« Faire de la France un pays d’entrepreneurs », tel a été l’un des objectifs des politiques menées ces dernières années, dont le point d’orgue est le régime d’auto-entrepreneur, qui a suscité depuis 2008 plus d’un million d’inscriptions.

Une analyse du modèle du « tous entrepreneurs » met en lumière l’origine libérale de ce type de politiques mises en place par des opposants au modèle salarial. Il en ressort également qu’au-delà de l’autonomie parfois recherchée, la promotion de l’auto-entrepreneuriat séduit notamment en se présentant au service de ceux qui veulent s’en sortir. La fragilité des auto-entrepreneurs est pourtant patente, puisque 90 % d’entre eux gagnent moins que le SMIC et que tous perdent les acquis sociaux du salariat dans une société en voie d’ubérisation.
Quel est le sens politique de cette nouvelle injonction à être entrepreneur de sa vie ? En quoi cela vient-il bousculer le modèle social français ? Comment expliquer la mise à leur compte si rapide de plus d’un million d’individus et comment les vies de ces travailleur-se-s s’en sont-elles trouvées modifiées ?

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